Amandine FAIRON est toujours aux études et a entrepris un régendat en français à Bastogne.
Tendre démence est son second roman. Il nous entraîne dans l'univers tourmenté et passionnel d'Éloïn. De passage dans un hôpital, celle-ci rencontre un homme dont la folie ne la laissera pas indifférente. D'autant plus que leur premier contact se résume à une gifle !
Extrait n 1 :
Néhémie n'avait aucune famille à l'extérieur de l'hôpital, c'est pourquoi il bénéficiait de la plus grande chambre de l'établissement. Celle-ci paraissait plus remplie que les autres : un divan, une petite table... Il recevait un peu d'argent grâce aux expériences que les médecins tentaient sur sa personne et le psychiatre lui proposait de nouveaux meubles pour qu'il se sente chez lui. Tout le personnel lui portait une attention particulière. Il était donc le seul à avoir une ligne téléphonique pour joindre les psychologues de l'hôpital en cas de crise ou de malaise.
Par contre, personne ne savait d'où il venait. Un soir d'automne, il s'était couché sur le parvis du centre, ensanglanté, le ventre troué par une balle. Une enquête avait été menée, les psychiatres de tout le pays avaient tenté d'interroger le pauvre garçon, mais celui-ci les déboussolait en fixant le noeud de leur cravate.
Sans fournir trop d'efforts pour en savoir plus, les autorités décidèrent que Néhémie s'installerait au centre de repos. Depuis, il ne l'avait plus quitté.
Extrait n 2 :
Une gifle fit décoller son visage. Interloquée, la jeune fille se demanda pendant une seconde ce qu'elle faisait là, puis retourna vers sa chambre, bouche bée.
Néhémie se tenait debout, campé sur ses deux pieds. L'air envahit enfin ses poumons. Il était surpris. Sa main encore tendue avait libéré toute l'énergie qui le hantait. Avait-il vraiment frappé cette inconnue ? Il n'en était plus très sûr. Pourtant, ce sentiment de sérénité fit dérober le sol sous ses pieds et, étendu par terre, il s'endormit.
Éloïn referma la porte de sa chambre derrière elle. Elle se tenait la joue, brûlante comme si l'enfer s'était déversé en elle.
- Voilà comment les pensionnaires t'accueillent ici, ma petite, se dit-elle à voix basse.
Elle se vit soudain vaciller, sa tête tournait comme un manège d'enfants, de plus en plus vite. Elle se tenait toujours la joue. Il l'avait giflée ! Sans raison. Sans attention. Il l'avait giflée tellement fort, tellement vite. Si soudainement, si brutalement aussi. Avec tant de spontanéité, tant de douleur, tant de faiblesse, tant de sacrifice, tant de grâce ! Cette gifle l'avait touchée, elle avait été donnée sans risque, sans colère, sans fureur.
Depuis exactement deux minutes et vingt-six secondes, Néhémie l'avait frappée. Cependant, en un quart d'une de ces secondes, elle comprit que ça avait été plus fort, plus beau et plus doux qu'un baiser.
Une étincelle lui parvint aussitôt, un choc profond qui se mit à croître, à croître encore, et la brisa par son souffle intense. La démence la pénétra ; au prochain battement de son coeur jaillirait toute la tendresse que ce dernier était désormais prêt à exprimer.
Un roman mature, à la fois dur et attachant.
108 pages qui ne vous laisseront pas une seconde indifférent.
P.S. Les frais de port sont exorbitants pour les pays autres que la Belgique. Nous en sommes désolés. Je vous suggère de nous contacter pour trouver une solution de remplacement.