Le roman sentimental et psychologique de Frédéric LAIR.
Vous suivrez le parcours amoureux plutôt chaotique de 3 jeunes femmes à la recherche de leur identité amoureuse. Vous les suivrez sur les berges du lac Léman, puis dans l'univers déroutant d'un château fort en ruines situé en Auvergne.
Amour(s), amitiés singulières, trahisons, poésie, dépaysement... une touche d'érotisme, telles sont les ambiances de ce roman captivant.
296 pages. PRIX NORMAL : 20 Euros
[...
- Tu pars déjà ?
- Il le faut, Béatrice. Les meilleures choses ont une fin...
- J'espère qu'il s'agit d'une fin provisoire... ?
Sa voix est pleine d'appréhension. L'appréhension de ne plus se revoir, du moins sous d'aussi tendres auspices. Marie-Pierre élude sa question.
- Ne m'en veux pas, s'il te plaît. Je me fais du mouron pour demain. J'aurai une journée difficile, tu sais !
- Dans ce cas, ce serait mieux si nous étions deux !
Marie-Pierre se lève lentement. Son impassible détermination impressionne. Elle écarte sans les brusquer les mains qui s'accrochent à sa taille. Puis, elle caresse la joue de son amie.
- Ne m'oblige pas à éprouver des remords, Béatrice. Tu vois, j'emporte ta rose.
- Quand reviendras-tu ?
Marie-Pierre ne peut répondre. Quelque chose la pousse à fuir et elle ne sait même pas quoi ! Le coeur torturé par la douleur qu'elle cause à son amie, elle se traîne comme une âme en peine vers la porte. Là, elle serre longuement Béatrice dans ses bras.
- Je reviendrai ! murmure-t-elle simplement.
Elle s'éloigne sans se retourner, presque en courant. À peine arrivée dans son appartement, elle s'effondre dans un fauteuil. Le bouton de rose a roulé sous la table du téléphone. Elle l'aperçoit puis, levant instinctivement les yeux, elle retrouve la photo de Dominique. Souriante. Radieuse !
Elle réalise sa trahison. Elle éprouve un vrai sentiment de honte. Des larmes envahissent ses joues.
Béatrice... Dominique... La tentation, le désir assouvi, puis le dégoût d'elle-même se bousculent dans sa tête. Jamais, elle n'aurait dû succomber au charme... pire... au chantage subtil de cette enjôleuse. Elle se dégoûte d'avoir joui, même si cette envoûtante expression du plaisir doit révolutionner sa vie. Béatrice l'a prise en traître. Par les sentiments d'abord, puis par la persuasion. Par la faiblesse de la chair ensuite.
Dire que cette femme n'a pas hésité à se caresser devant elle pour lui démontrer l'innocence de cette quête du plaisir ! Le plus grave, c'est qu'elle y est parvenue au-delà de toute espérance. Le ver est dans la pomme... et la pomme s'en réjouit... !
Cela dit, le désarroi de Marie-Pierre provient sans doute du fait qu'elle se sent désormais dépendante. Intimement dépendante. Sans trop savoir de qui ou de quoi. Comme une toxicomane, en quelque sorte ! Béatrice a été son héroïne. Le poison de ses caresses imprègne toujours son corps. Pourtant, si elle souffre de telles affres par sa faute, elle ne se trouve pas le droit de lui en tenir rigueur. En trouverait-elle seulement la force ? Comme une toxicomane, elle en est réduite à souffrir et à s'en sortir seule. Avec l'angoisse des rechutes et paradoxalement, le soulagement de savoir qu'elle pourra toujours goûter à cette drogue quand elle le voudra.
Mais, au-delà de cette dépendance vis-à-vis de Béatrice, il y a le remords d'avoir oublié, puis trahi Dominique. Dominique, dont l'attachement et la tendresse ont peut-être contribué à lui faire désirer le corps d'une autre femme. Dominique, dont la présence lui redevient subitement nécessaire.. Et Marie-Pierre de se demander si le véritable sentiment amoureux ne correspond pas plutôt à ce besoin de présence qu'elle éprouve à l'instant pour son modèle...
Mais voilà... ! Dominique ne partagera pas forcément ses nouvelles conceptions amoureuses. Serait-il donc raisonnable de lâcher la proie pour l'ombre ? Dans un premier temps, Marie-Pierre estime plus sage et plus honnête de courir un seul lièvre ; en l'occurrence, Béatrice. A l'ivresse du corps se greffera peut-être le véritable amour. Qui sait ? Le temps aidant... ? ...]
Frais de port réduits pour la France et le QUEBEC !