Être la soeur d’un beau gosse stylé, apprécié et populaire, tel serait le rêve et la fierté de la plupart des filles. C’aurait pu l’être également pour Aimy. Hélas ! elle est tout le contraire de son frère aîné. Avec ses lunettes et ses longs cheveux tressés, elle doit supporter ses sarcasmes, ses brimades et son comportement hautain en permanence. Ils se tolèrent tant bien que mal.
La situation se corse lorsqu’Aimy est obligée de fréquenter la même école que lui. Il s’y pavane comme un Prince, alors qu’elle est d’emblée cataloguée de Paumée… En un mot, elle devient un souffre-douleur en puissance !
Un long calvaire commence, mais c’est sans compter sur la force de caractère de la jeune fille…
EXTRAIT :
Aimy sent quelque chose la recouvrir, mais n’ouvre pas les yeux.
– On rentre, dit Nicolas en la soulevant dans ses bras.
Aimy continue de pleurer. Elle reconnaît l’odeur de la veste de son frère. Combien de fois n’a-t-elle pas dû la laver. Il la met à la lessive toutes les semaines. Enfin, Aimy lève les yeux et voit Emmanuel ramasser ses affaires.
– Raconte-nous, dit-il en refermant son sac. C’est Danny, Ray ? Ou encore un autre ?
Aimy sursaute soudain et se débat. Elle pose ses pieds nus par terre et sort des vestiaires en courant. En même temps, elle attache la fermeture-éclair de la veste et fonce dans les couloirs. Elle s’arrête et tourne à gauche. Puis à droite, s’arrête encore. Devant elle, un casier remue tout seul, des hurlements étouffés lui parviennent. Quelqu’un la dépasse et sort un canif. En deux secondes, Emmanuel ouvre le casier de Grégory et l’attrape avant qu’il ne tombe à terre. Il est ligoté avec les vêtements d’Aimy et bâillonné avec du scotch. Elle aide Grégory à sortir de sa prison
– Qui… ? siffle Nicolas derrière Aimy.
Aimy se retourne et le regarde en pleurs.
– Ray…
Tout à coup, Emmanuel attrape Nicolas et le plaque par terre. Il le frappe à trois reprises dans la nuque et le garçon s’évanouit. Enfin, elle comprend la conduite d’Emmanuel : il a voulu neutraliser Nicolas pour un moment.
Il demande alors à Grégory de rendre les vêtements à Aimy, qui s’empresse d’enfiler son pantalon.
– Hey !
Ray se tient de nouveau devant Aimy. Celle-ci sent la colère bouillir en elle. Maintenant qu’elle est habillée, elle est prête à défier son tortionnaire, même si sa tête n’y est pas complètement, même si son corps tremble de peur devant l’individu. Emmanuel l’attrape par les épaules et la retient.
– Lâche-la, Chartier ! dit Ray. Moi seul peux la toucher… Au fait, j’en parlerai à ta princesse demain.
Emmanuel la lâche. Lui aussi se sent en colère, mais le poing amoché d’Aimy cogne Ray avant lui.
– Pauvre type !
Cette fois, Emmanuel la rattrape et lui maintient fermement les mains.
– Tu me dégoûtes ! Ne m’approche plus jamais, je ne veux plus te voir ! J’ai envie de vomir dès que j’aperçois ton visage. J’ai envie de le taper, je voudrais t’amocher, pauvre minable !
Ray remarque les mains en sang d’Aimy. Il grimace, puis la regarde, choqué. Emmanuel se mêle à la conversation :
– Tu t’y prends mal, Ray. Tu t’enfonces de plus en plus. Au début, tout le monde voyait que tu détestais Aimy. Mais tes manières ont vite changé. C’est devenu du harcèlement. Tu voudrais nous faire croire que c’est par plaisir ?
– Elle réagit tellement bien ! réplique Ray en ricanant.
La jeune fille veut lui donner un autre coup de poing, mais Emmanuel la maintient toujours.
– N’est-ce pas justement parce qu’elle te tient tête qu’elle t’obsède à ce point ?
– Elle ne m’obsède pas.
– Ta copine t’a largué parce que tu ne pensais plus qu’à elle, rétorque Emmanuel.
Malgré le sursaut de surprise d’Aimy, il continue :
– Tu enfermes son meilleur ami, car il est trop proche d’elle, tu la matraques de remarques et tu l’ennuies tout le temps. Ne serait-ce pas simplement pour attirer son attention ?
Aimy se dégage et regarde Emmanuel dans les yeux. Mais celui-ci fixe uniquement Ray.
– Arrête de débiter des conneries ! Je ne m’intéresserai jamais à une paumée...
– Tu lui dis de faire une queue parce que tu es persuadé que ça lui va mieux que deux tresses ; tu ne lui demandes pas de détacher ses cheveux, car tu sais qu’elle n’aime pas avoir les cheveux dans la figure… En fait, tu as envie de l’aider et de la sortir des paumés tout en restant distant pour ne pas salir ta réputation de prince ! Quand tu l’auras préparée comme tu l’espères, tu pourras le lui dire ouvertement.
Aimy regarde Ray avec des yeux effrayés, puis se tourne vers Emmanuel.
–Vous êtes tous des fêlés.
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